OSME blanc
S5.CIBL

S5.Cibl

Histoire de la marque

S5.CIBL est une marque de streetwear de luxe collaborant avec des artistes musicaux.

Capture d’écran 2019 07 01 à 19.36.01
Sané Lou Cissokho
Lille | S5.cibl

"Je m’appelle Sané Lou Cissokho, j’ai 26 ans et je suis née à Lille. Je suis issue de l’école de mode ESMOD. Le nom de ma marque est S5.cibl."

Comment en es-tu arrivée à t'intéresser à la mode ?

J’ai toujours été passionnée par la mode, sans pour autant être une “fashionista”. Je voulais être styliste au collège, et la conseillère d’orientation me l’a déconseillé. Elle a dit que je ne ferais jamais ça de ma vie, que ce n’était pas de mon milieu. J’ai fait un tour au Grand Palais de Lille, au Salon de l’Etudiant, lorsque j’étais en terminale. C’est là que j’ai découvert Esmod. J’ai travaillé pour mettre de l’argent de côté et pouvoir m’y inscrire.

Comment retranscris-tu tes inspirations dans la création ?

Tout m’inspire. Un dialogue, l’architecture, la musique… Tout ce qui me procure une émotion. Lorsque j’aborde un sujet avec quelqu’un, si la conversation me procure une émotion, je me dis “il faut que je crée”. Je me renseigne sur le sujet en profondeur pour mettre une image sur mon idée (sur internet, dans les livres). Si je n’arrive pas à mettre une image sur mon idée, j’annule. Cela peut arriver très souvent.

J’aime beaucoup trop de choses. J’ai du mal à me cadrer dans un univers particulier. Je garde mon côté street et c’est ce que je veux mettre en lumière, mais j’ai vraiment trop d’idées en tête. Côté mode, je n’ai pas vraiment d’inspiration en particulier, mais je suis heureuse de voir l’émergence du streetwear et de l’esprit afro-américain dans le marché.

3 mots pour qualifier ta collection ?

Engagée, street et personnelle. Mes collections partent toujours d’une histoire personnelle, mais je veux qu’elles touchent un maximum de personnes.

Quels sont tes manques à combler pendant la création ?

J’aimerais avoir plus de visibilité concernant les artisans qui pourraient potentiellement collaborer avec les créateurs : sérigraphie, brodeurs, soudeurs… Ce serait une bonne chose d’avoir une source fiable et accessible, qui nous permettrait de partager avec eux facilement.

Comment communiques-tu ?

Instagram, Facebook, les soirées… Il faut y aller au culot, ou être au bon endroit au bon moment. Par exemple, le groupe Ibeyi a porté ma marque de manière complètement inattendue. Avant d’assister à leur concert, j’ai demandé à une personne qui s’occupait des loges de leur donner mes créations pour qu’elles puissent les porter. Elles ont accepté et les ont porté durant tout le concert !

Ibeyi S5.CIBL

J’aimerais également faire de l’événementiel à l’avenir. Récemment, j’ai collaboré avec DJ Hoodini. Il a organisé une soirée au Magazine Club à Lille, et il a fait appel à moi car il souhaitait des stylistes pour animer la soirée. Mes amis et des mannequins de mon entourage portaient les vêtements de ma dernière collection « INSECURITY » durant la soirée.

J’ai également fait la direction artistique de ce clip :

Quels sont tes futurs projets ?

Je suis actuellement en formation, et j’aimerais obtenir un financement par la suite afin de vendre mes produits en multimarques. Mon projet comprendrait 2 gammes : une gamme basique et une gamme pour « riders »Mon frère travaille en station de ski, à Méribel, et a beaucoup apprécié mes sweats. Il a présenté mes produits à d’autres riders, qui ont beaucoup aimé aussi. L’année prochaine, j’aimerais vendre en multimarques sur place.

En formation, j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui travaillent également dans une station de ski, et qui ont pas mal de connaissances concernant les multimarques spécialisées du secteur. Je les contacterai bientôt afin de vendre mes vêtements là-bas.

Une marque que tu adores ?

Une égérie pour représenter ta marque ?

Shaun Ross. J’ai travaillé sur l’albinisme durant ma deuxième année d’études.

Shaun Ross

Quel est ton rêve ?

Mon rêve serait de créer une école de mode au Sénégal. J’aimerais aussi y installer des ateliers, n’étant pas sous-payés, tout en étant intéressant pour les européens.

Un dernier mot ?

Il ne faut pas suivre les gens par rapport à ce qu’ils veulent que tu deviennes. Il faut se donner les moyens, car même si l’on vient d’un milieu difficile, on peut réussir.