DALZIEL

Histoire de la marque

Créée en 2018, DALZIEL est une marque urbaine, masculine et engagée. Elle se reconnait par ses trois couleurs fétiches : jaune, orange, rouge, qui apparaîtront la plupart du temps en touche ou en all over. Sa première collection printemps-été 2019, appelée « Second Wave » est rythmée par le mouvement Black Lives Matter dans laquelle des pièces aux allures militaires se mêlent aux matières nobles. Ses coupes inspirées des fins 60s, début 70s sont rafraîchies par des graphismes monochromes et des couleurs chatoyantes. La marque se renouvelle et lancera bientôt ses foulards en soie. Toujours dans ses inspirations nées de la musique et de la littérature, et toujours avec cette même volonté de mettre en avant une époque et ses combats. Vous serez alors en immersion dans les années du funk et de la motown qui rythment les motifs de ses différentes collections.

Vanessa Thomas
Lille | DALZIEL

"Je m’appelle Vanessa, j’ai 21 ans. Je suis originaire d’Haïti. Je suis issue de l'école de mode Esmod. Le nom de ma marque est DALZIEL."

Quel est le nom de ta marque ?

Le nom de ma marque est DALZIEL, qui signifie “J’OSE” en gaélique.

Ce choix est aussi en rapport avec une femme que j’admire énormément,
Diana Vreeland, dont le deuxième nom de famille était Dalziel. Elle a fortement influencé l’univers de la mode dans les années 60, en réinventant le métier de rédactrice en chef, chez Vogue, de par ses actions et ses idées.

D’où viennent tes inspirations pour tes créations ?

Je n’ai pas d’inspiration mode. Mes inspirations sont littéraires, musicales, cinématographiques…

Pour Dalziel, je me suis inspirée de James Baldwin et Martin Luther King au niveau littéraire. Musicalement, Kendrick Lamar, Nina Simone, Macklemore, Jay Z… et au niveau cinématographique, Detroit et 21 Years Slave.

Depuis quand es-tu intéressée par la mode ?

Je ne sais pas vraiment. Je dessine depuis toute petite. Ma grand-mère, ma mère, ma famille de manière générale, ont toujours été intéressées par le milieu artistique. Enfant, on m’emmenait souvent visiter des expositions. J’étais inspirée par les tableaux classiques, la manière dont les tissus et les vêtements étaient représentés. J’ai toujours dessiné des vêtements, et voulu habiller les gens. Au collège, je voulais être styliste ou photographe de mode. Je n’avais que ça en tête ! J’ai très vite créé des vêtements. Au début, c’était pas… extraordinaire. (rires…)

Quand tu étais au collège/lycée, tu avais déjà cette idée d’aller en école de mode ?

Ah oui clairement ! Au collège, je savais déjà que je voulais être styliste ou photographe de mode. Je le disais tout le temps !

Ta dernière collection pour Dalziel ?

Le nom de ma dernière collection est SECOND WAVE, qui suggère le “second souffle”, en lien avec le sujet de ma collection : Black Lives Matter.

3 mots pour qualifier ta collection ?

Tricolore, engagée et inspirée
Inspirée pour le côté artistique, le fait de mélanger l’art classique, littéraire et musical. Je m’inspire de beaucoup de textes, de livres, de paroles et citations.

Dalziel shoot


Quelle est ta pièce favorite de ta collection ?

Cette veste courte, avec du plastique transparent et du pied-de-poule superposés. D’ailleurs, tout le monde pense que c’est un trench, mais c’est une veste en deux parties. 

La superposition est faite pour représenter l’image du gilet pare-balles. La veste a des trous, de manière à représenter les balles tirées lors des émeutes aux États Unis.

Quels sont tes futurs projets ?

Je ne sais pas si je développerai ou non Dalziel, mais j’aimerais faire une deuxième collection. La première était une collection printemps-été. Je voudrais faire une collection automne-hiver avec plus de pièces en cuir mais il me faut du temps et de l’argent. J’aimerais faire ça de manière très travaillée, avec plus de pièces, et aller encore plus loin dans la dénonciation.

J’aimerais aussi bosser dans l’événementiel, et avoir un local pour vendre des vêtements et faire des salons, expos etc. Bien sûr, tout en gardant en tête de mêler les différents arts. Je voudrais faire ça à l’étranger, mais je ne sais pas où exactement, puis m’implanter sur Paris mais le milieu est fort bouché. 

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Que fais-tu aujourd'hui pour te faire connaître ? Comment communiques-tu ?

J’ai gagné un prix, celui de la boutique Série Noire (Vieux-Lille). J’ai ainsi pu faire un vernissage et exposer ma collection pendant une semaine dans la boutique. Ça m’a offert pas mal de visibilité. J’ai également fait une collaboration avec la marque de chaussettes lilloise “Art de Vivre”. Mes dessins sont apparents sur les chaussettes de cette marque.   

Une des photos du shooting de ma collection a été sélectionnée par Esmod pour en faire la promotion de l’école avec de la publicité et des affiches dans le métro. Je possède également un blog, et je communique aussi sur les réseaux sociaux (uniquement Instagram).

Quels sont tes designers préférés ?

Raf Simons, Margiela, Chu Suwannapha

Si tu étais une période de l'histoire niveau mode ?

Les années folles. J’adore le Charleston, les tombées de robe.

Chu Suwannapha
Le Charleston, danse populaire tournant de la mode des 20's.

Quelle serait la collaboration dont tu rêves ?

J’aimerais faire une collaboration avec Raf Simons. Une collab très simple où je ferais juste les graphismes et la broderie.

Une égérie pour représenter ta marque ?

Ashton Sanders, l’acteur dans le film Moonlight ou le chanteur Jacob Banks !

Raf Simons
Ashton Sanders

Des conseils à donner aux jeunes créateurs qui souhaitent lancer leur première collection ?

Avoir un sujet, une ligne conductrice, et ne pas avoir peur d’aller au contact, faire des évènements (fashion week etc). Avant je faisais du “rentre-dedans”, et ensuite on a commencé à me solliciter. Il ne faut pas hésiter à demander l’avis des gens durant la création et il faut surtout accepter la critique.

Un dernier mot ?

Mon but est de donner envie aux gens, en restant moi-même, en exprimant mes idées. Je n’ai pas envie d’influencer et vendre du rêve, je veux plutôt inspirer.